L’intelligence artificielle et la fiscalité

Plusieurs établissements bancaires opérant en France se tournent vers l’intelligence artificielle comme solution pour améliorer leurs capacités à composer avec l’expérience client et soutenir leurs conseillers financiers dans leurs tâches de relations avec la clientèle. Des partenariats ont été conclus avec des startups et de grandes entreprises, telle que IBM, pour faire converger des systèmes d’intelligence artificielle avec les besoins des banques. Des solutions numériques novatrices sont également recherchées pour soutenir d’autres spécialistes, tels que les fiscalistes et les juristes.

L’AI pour soutenir les conseillers du Crédit Mutuel

Un partenariat a été conclu entre le Crédit Mutuel et IBM concernant Watson, un système d’intelligence artificielle (AI) capable de compléter des analyses, d’effectuer des investigations et de poser des diagnostics. En 2016, cette banque française a été la première à s’investir dans la voie de l’intelligence artificielle, en déboursant plus de 20 millions d’euros afin que soient développés des outils d’analyse sémantique des emails de la clientèle. Cette initiative vise à dégager du temps commercial et à améliorer l’expérience client.

L’informatique cognitive rendue possible par le biais du système Watson permet de déléguer une partie des tâches des conseillers financiers. Non seulement le robot est-il en mesure d’échanger avec un client par divers moyens, qu’il s’agisse d’un chat, d’un mail, ou d’un assistant vocal, mais il parvient également à s’adapter et à apprendre, dépendamment des comportements et des réactions du client.

Par exemple, à compter de novembre 2016, le soutien AI s’est concrétisé sous la forme d’assistance virtuelle (assurance et épargne) répondant aux questions des clients.

Testé au cours de l’été 2017 et implanté progressivement à partir d’octobre 2017, un service d’analyseur d’emails visant l’optimisation du traitement des communications avec la clientèle lit le contenu des messages envoyés par les clients, identifie leurs intentions, et en détermine le niveau d’urgence. À la suite de ce processus, l’outil fournit des propositions de modèles de réponses pré-formatées aux conseillers de cet établissement bancaire.

Au cours des années à venir, Crédit Mutuel entrevoit la possibilité de continuer d’alimenter son partenariat avec IBM, avec l’ajout de centaines de millions d’euros supplémentaires.

H&R Block transforme Watson en nouvel enquêteur fiscal

L’entreprise H&R Block s’est également tournée vers IBM pour développer les capacités de l’intelligence artificielle Watson en ajoutant la juridiction fiscale à ses compétences. Cette démarche a été concrétisée dans le but de créer une nouvelle expérience client comportant davantage d’options de personnalisation pour les contribuables.

Face à une législation constamment modifiée en perpétuelle évolution, les entreprises doivent porter rigoureusement attention à la juridiction fiscale, un domaine des plus exigeants, afin d’éviter d’éventuelles sanctions fiscales, des pertes d’argent et de temps. Voilà pourquoi l’outil d’intelligence artificielle Watson a été configuré pour mémoriser plus de 70 000 pages du code fiscal américain, en plus d’apprendre à maîtriser en profondeur les subtilités de son langage.

Ces initiatives devraient pouvoir, à moyen terme, faciliter la tâche aux entreprises dans des applications concrètes, comme compléter une déclaration d’impôts, calculer les taxes dues, proposer des solutions d’optimisation de fiscalité, etc.

Ce puissant outil d’intelligence artificielle en viendra éventuellement à intégrer des textes législatifs français, tels que la Loi Pinel ( voir www.la-loi-pinel.com ) , et parviendra probablement à maîtriser l’ensemble des subtilités des lois de défiscalisation immobilière LMNP.

Des solutions numériques recherchées par les legaltechs

Des startups concoctent des outils numériques pour solutionner des problématiques et rendre plus performant le secteur juridique. Par exemple, des moteurs de recherche, des outils de production de documents juridiques, des solutions repérant les erreurs de rédaction, la mise en œuvre de chatbots, et des analyses de données statistiques consistent en autant de nouvelles avenues permettant d’améliorer le quotidien des conseillers juridiques et d’aiguiller leurs stratégies.