Intelligence artificielle et vieilles croyances

Depuis des millénaires, les humains rêvent d’immortalité. Certains peuples ont érigé des pyramides, d’autres ont imaginé des récits d’exploits de héros légendaires consistant en des êtres fabuleux mi-divins mi-humains. De nos jours, la science repousse les limites de la vieillesse, les géants pharmaceutiques proposent une panoplie de crèmes génératrices, les stars se servent allègrement du bistouri pour conserver leur jeunesse à tout prix, mais aucun d’entre nous, peu importe l’intensité de son désir d’intemporalité, n’est encore parvenu à échapper à la mort. L’intelligence artificielle parviendra-t-elle à vaincre la dimension tragique de l’humain, la mort, et faire éclater enfin les vieilles croyances que l’esprit humain puisse se transposer dans la machine ?

Une autre idée de l’immortalité

La fameuse série télévisée britannique Black Mirror, diffusée depuis 2011, a exploré une autre idée de l’immortalité dans le premier épisode de la seconde saison, intitué « Be Right Back ». Cette série est reconnue pour dresser une image plutôt sombre de l’avenir, dans lequel les technologies prennent des allures sinistres.

Dans cet épisode particulier, une jeune femme appelée Martha s’est servie d’un logiciel pour recréer la manière d’écrire et de s’exprimer verbalement de son petit ami Ash, qui a succombé à ses blessures lors d’un accident de voiture.

L’androïde cloné s’est avéré n’être qu’une pâle imitation rendant le deuil insupportable, soit quelque chose qui ne pourra jamais se substituer de façon authentique au véritable Ash.

De la fiction à la réalité

Des dires d’un magazine américain dénommé The Verge, une Californienne a conçu un chatbot dans le but de faire revivre la conversation avec son ami d’enfance.

Celui-ci ayant été victime d’un accident de voiture en Russie, son amie a eu l’idée d’avoir recours à un programme d’intelligence artificielle appelé TensorFlow, que Google a dernièrement placé en accès libre. Ce programme est en mesure de générer des réseaux de neurones.

L’amie dans le deuil est une entrepreneure vivant à San Francisco. Elle collabore à l’incubateur Y Combinator, en ayant conçu une startup spécialisée dans un chatbot pour réservations de restaurants.

La mort de son meilleur ami l’a poussée dans une expérimentation émotionnelle soulevant d’innombrables question à propos de notre empreinte numérique post-mortem, de même que notre relation avec la mort.

En exploitant les capacités de « machine learning » de TensorFlow, la jeune femme est parvenue à reconstituer un chatbot interagissant de manière similaire à son défunt ami. Ceci a été rendu possible grâce à la collaboration des proches du défunt, qui ont accepté de fournir des textos, courriers et mails de sa main. L’entité recréée par le biais de l’intelligence artificielle n’est toutefois pas la personne défunte…

Le cerveau et le corps humain, d’une complexité inouïe

Au fur et à mesure que la science se développe, n’avez-vous pas remarqué qu’aussitôt qu’un mystère est résolu, d’autres fenêtres de mystères s’entre’ouvrent, laissant les scientifiques ébahis devant la complexité inouïe du corps humain et du fonctionnement du cerveau ? Il paraît même que nous avons trois « cerveaux », dans la tête, tapissant les organes de digestion, et dans les bactéries qui constituent en fait 80% de la totalité de notre génome. Ce n’est pas demain que nous viendrons à bout de comprendre exactement comment fonctionnent tous ces mécanismes !

Prenant conscience de cela, est-il encore possible d’adhérer aux vieilles croyances qu’il puisse devenir un jour possible de télécharger le cerveau d’un mort dans une machine ? Le film américano-mexicain « Chappie », sorti en 2015, et co-écrit par Neill Blonkamp, raconte justement cette histoire d’humains ayant réussi à franchir cette frontière.

Avec le développement rapide de l’intelligence artificielle, il serait inconscient de ne pas s’interroger de ce qu’il adviendra de la conjonction de deux phénomènes : l’avancement technologique et les traces scripturales laissées dans les médias sociaux.

D’ici là, ce site nous fait prendre la mesure du processus du deuil et fournit des réponses numériques pour soulager le chagrin de la perte d’un être cher.

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