La difficulté des associations à se financer sur internet

Internet a modifé la durée de réaction et de mémorisation d’une information

Les médias nous soumettent à un déluge d’information et nous touchent dans l’ensemble, très peu. Prenons en exemple l’ouragan Matthew et Haïti. La récurrence des catastrophes naturelles et la vulnérabilité de ce pays balaie nos écrans d’images de catastrophe. Les réactions habituelles immédiates, pitié, demande de secours, sont de plus en plus brèves et de plus en plus rares.

Au delà de l’urgence comment faire face à des problèmes qui demandent des années de réponse continue comme l’éducation des enfants qui sont, soit devenus orphelins,  soit privés de structures scolaires pérennes (ou les deux) ?

La plupart des ONG connaissent le dilemme. Ou bien on communique  au plus près possible de l’évènement. Et on essaye de dispatcher les dons dans le temps de la meilleure façon. Mais souvent le public ne comprend pas la lenteur de la réaction et de la reprise d’une vie normale. Ou bien on cherche à  fidéliser les donateurs autour de l’action.  Cela demande une présence accrue de la part des associations demandeuses, et une relance très régulière pour assurer le bénéfice de l’action dans la durée.

SOS Village d’enfants, un  bon exemple

L’association SOS Villages d’enfants se réclame de la deuxième solution. Elle agit en France comme à l’étranger. Si elle n’oublie en aucun cas de signaler les catastrophes naturelles ou humaines qui impliquent des conséquences longues et douloureuses aux populations les plus vulnérables,  le don à une association est pour elle le moyen à privilégier pour le meilleur résultat quant au suivi des enfants sur le long terme.

En effet, son mode opératoire très spécifique, garder ensemble les fratries les plus complètes possibles est juste envers les enfants qui n’ont pas à devenir deux fois orphelins, de parents d’abord, de frères et de soeurs ensuite. Mais elle est onéreuse en matière d’investissement comme en frais de fonctionnement, avec le salaire de la maman de substitution  et des autres adultes référents.

Ne pas oublier le long terme

Cependant à terme elle est la garantie la meilleure de l’avenir de chaque enfant qui vit ainsi son temps d’éducation respecté. A l’heure où la formation initiale est reconnue partout dans le monde comme l’ouverture pur une vie humaine et professionnelle sereine, il serait dommage de se précipiter vers la dernière information.Les enfants ne sont aujourd’hui que des victimes à double titre, de la catastrophe immédiate et de ses lointaines conséquences sur leur avenir gâché. Garder une  sensibilité à cet arrière fonds permet la seule vraie guérison des plaies béantes laissées par les catastrophes.